C'est typiquement le genre de récit qui m'agace au plus haut point. On frôle l'inconscience routière la plus totale et ça vient pavoiser parce que tout s'est bien goupillé par un concours de circonstances purement miraculeux. S'appuyer sur la chance et sur une hypothétique clémence des forces de l'ordre pour justifier son propre laxisme administratif est une aberration absolue qui démontre une méconnaissance totale des réalités juridiques. Les chiffres parlent d'eux-mêmes et ne laissent strictement aucune place à l'approximation ou au sentimentalisme. L'amende forfaitaire s'élève bel et bien à 135 euros, une sanction qui peut d'ailleurs être majorée jusqu'à 750 euros en cas de non-paiement dans les délais impartis. Mais le véritable danger ne réside pas uniquement dans le portefeuille ou dans la peur de croiser un équipage de police un tant soit peu zélé. Le risque majeur, celui que tout le monde oublie superbement bien dans ces moments-là, concerne la couverture assurantielle. En cas de sinistre responsable avec un contrôle technique périmé, même de trois petites semaines comme c'était le cas ici, certaines compagnies d'assurances peu scrupuleuses cherchent immédiatement la moindre faille contractuelle pour restreindre, voire exclure totalement, l'indemnisation des dommages corporels et matériels. Se retrouver à devoir rembourser des préjudices à vie pour avoir voulu économiser quelques jours ou par simple négligence professionnelle, c'est un pari pour le moins risqué. Le carnet d'entretien nickel dont on nous rebat les oreilles n'a strictement aucune valeur juridique aux yeux de la loi française. Un véhicule est soumis à des obligations légales strictes qui transcendent le fait que les bougies ou les filtres soient changés en temps et en heure. Les statistiques de l'accidentalité liée à la défaillance technique prouvent que le contrôle périodique reste un rempart indispensable contre les épaves roulantes. Jouer avec le feu sous prétexte qu'on est débordé par ses chantiers relève d'une gestion des priorités pour le moins curieuse. La prochaine fois, la chance ne sera peut-être pas au rendez-vous et il faudra assumer les conséquences financières et administratives de cette désinvolture.