En tant que personne qui passe ses journées à astiquer des carrosseries et à voir de près l'état des véhicules de passage, je peux vous dire que cette tendance à tout électroniser me sort par les yeux. Quand je vois arriver des proprios de grosses cylindrées ou d'utilitaires modernes complètement dépités parce qu'un simple voyant plastique les oblige à lâcher un PEL chez le concessionnaire, ça me conforte dans mon idée. Les grands fabricants ne vendent plus seulement des machines robustes faites pour durer, ils refourguent des ordinateurs sur roues programmés pour planter dès qu'on essaie de mettre les mains dans le cambouis soi-même. Les chiffres parlent d'eux-mêmes avec ces fameux quarante pour cent de revenus générés uniquement par le SAV et les pièces captives, on est clairement sur un modèle mafieux légalisé. Forcément, quand tu tiens les clients par la gorge avec des valises de diagnostic cryptées et des brevets à la con, tu peux afficher des marges indécentes pendant que l'artisan ou le paysan galère à boucler son mois. Je le vois bien sur le terrain, les gens regrettent le bon vieux temps où une clé de douze et un tournevis suffisaient pour régler un souci mécanique sans passer par la case mise à jour logicielle obligatoire. La transition numérique qu'on nous vend à grands coups de pub écolo, ce n'est que de la poudre aux yeux pour masquer le contrôle absolu des flux financiers. Si on laisse faire, bientôt il faudra demander une autorisation signée par le siège social pour changer un essuie-glace ou faire une vidange. Les autorités de régulation feraient bien de se bouger un peu le train au lieu de laisser ces conglomérats broyer les petites structures et piller le monde agricole ou artisanal sans aucune once de vergogne.